Un couché de soleil à Allauch
Ecrit par wejna le février 15th , 2010“La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence” Jean Giono
Dans quelle mesure la géographie d’une terre influence-t-elle ses habitants ? C’est la question que s’est posée le réalisateur Luc Moullet dans son documentaire “Une terre de la folie”. « L’arrière-petit-neveu du bisaïeul de ma trisaïeule avait tué un jour à coups de pioche le maire du village, sa femme et le garde-champêtre, coupable d’avoir déplacé sa chèvre de deux mètres. » Partant de ce fait divers, son explication consistera à démontrer que les crimes de ce type ne sont pas rares dans une certaine zone des Alpes du Sud et qu’il existe bien un pentagone de la folie délimité par 5 villes clés. On y tue sans mobile, paroxysme de la folie pour l’auteur. Avec ses interviewés, Luc Moullet cherche des explications : un climat et des terres rugueuses (le vent rugit violemment sur les plateaux, la sécheresse, une terre extrêmement difficile à apprivoisée) combinés à un fort isolement des habitants, une certaine consanguinité, un manque d’éducation seraient des clés.
A Marseille, on a aussi ses spécificités : on parle fort, on drague, on raconte des craques. Et si on essayait d’oublier ce Mistral qui vous single, ces ruelles toujours en pente, cette terre juste derrière qui manque d’eau, un taux de chômage indécent, ou l’Afrique qu’il a fallu oublier derrière soi ? Marseille est joyeuse et nostalgique. Les papis à casquettes qui parlent le provençal regrettent le ferry boat et le temps de Pagnol. Les vieux maghrébins à tarbouches scrutent l’horizon depuis le fort St Jean en pensant au bled.
La roche sèche, les pins tordus, le vent, les ciels contrastés, le pays est rugueux. J’aime ces terres où la nature est définitivement la plus forte, où elle façonne des hommes rudes, fiers, attachés à leur histoire. J’ai découvert Allauch, petit village perché à une dizaine de kilomètres au nord de Marseille. La mairie le présente ainsi : “un massif forestier protégé de 4 000 hectares dont la plus grande partie est recouverte des collines chantées par Pagnol et par Giono”. En fin d’année, on s’y rend en famille voir la Pastorale, une crèche immense faite de milliers de santons de Provence représentant tous les corps de métiers et des personnages fétiches comme le bouffon Pistachier. Au sommet d’Allauch, une église à flan de coteau défit le Mistral. Elle trône là, offrant une vue incroyable sur Marseille et ses environs.
Mon guide ce jour là est Christelle. Marseillaise exilée à Tours, elle porte du Sud un accent chantant et un sourire constant. Avec elle, chez elle, j’ai découvert une autre France, les traditions provençales, un autre Marseille. Ses parents tiennent une boulangerie au cœur du quartier des olives. Akhenaton s’y rend souvent…paraît-il.
Je suis émerveillée de redécouvrir toujours de nouvelles campagnes. La France ne me lasse jamais, elle abrite des terres et des histoires à profusion. J’ai hâte, comme l’année dernière de retourner fouler tranquillement ses chemins.




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Pour ta prochaine escapade, s’il te reste encore une petite place dans ton sac vagabond, glisse ce “Marcher, une philosophie” de Frédéric Gros. Une longue réflexion sur l’art de “mettre un pied devant l’autre et de recommencer”.
[Voir : http://www.nonfiction.fr/article-3119-p1-la_philosophie_en_marchant.htm
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déjà dans les bagages @Yves -