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	<title>rêver debout</title>
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	<description>univers personnel d'une blog-trotteuse</description>
	<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 16:56:04 +0000</pubDate>
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		<title>Monte Carlo et la Carte Or</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 22:51:06 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Le Sud]]></category>

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		<description><![CDATA[Vie quotidienne au port. Des yachts en provenance d&#8217;Afrique du Sud et des Iles Caïmans, gros comme 10 maisons Bouygues se font lustrer par une armée d&#8217;employés asiatiques. Premier jour des soldes : des pépettes russes et italiennes en manteau de fourrure font la queue devant les vitrines de Gucci et Valentino. Pendant ce temps [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Vie quotidienne au port.</strong> Des yachts en provenance d&#8217;Afrique du Sud et des Iles Caïmans, gros comme 10 maisons Bouygues se font lustrer par une armée d&#8217;employés asiatiques. Premier jour des soldes : des pépettes russes et italiennes en manteau de fourrure font la queue devant les vitrines de Gucci et Valentino. Pendant ce temps là, les hommes se rendent au Casino de Paris. Devant, c&#8217;est un ballet de Lotus, Porsche, Lexus, Maserati, Rolls (la tendance est au noir mat&#8230;). Les clients privilégiés sont accueillis par le voiturier en chef qui fera garer la voiture en face de l&#8217;entrée principale. A une table, deux petites frappes en Bombers s&#8217;initient à la roulette. Du blanchiment d&#8217;argent vite fait bien fait ? Un peu plus loin une famille italienne aligne l&#8217;équivalent d&#8217;un mois de salaire en billets de 50€. Le croupier les engloutit un a un toutes les 10min. Un peu plus loin, au black jack, un homme joue pour 5 en misant 1000€ par tour (200€ minimum de mise à cette table). Il perd 5000€ en 1/4 d&#8217;heure. Les croupiers restent impassibles sous l&#8217;œil des inspecteurs de jeu et des caméras.</p>
<p><strong>Vie quotidienne au Monte Carlo Bay.</strong> C&#8217;est un des palaces de la Société des Bains de Mer. Ici pas d&#8217;authentique patrimoine, pas de demeure de charme version Grandes Etapes Françaises, c&#8217;est ambiance nouveau riche avec design contemporain et haute technologie. Louer une chambre donne droit à la Carte Or, un multipass pour accéder au Casino (of course) mais aussi la piscine, la salle de sport, etc. J&#8217;observe la clientèle. A la piscine, le dress code veut qu&#8217;on choisisse son maillot de bain comme une robe de soirée. On y descend en peignoir et en Rolex avec des magazines people. Les hommes et les enfants s&#8217;éclatent dans l&#8217;eau, les femmes restent sur les transats n&#8217;osant dévoiler leur corps imparfait, téléphonent à leurs copines et jouent avec leur iphone. Dans le jacuzzi, un gaillard moche et poilu est entouré d&#8217;une brune et d&#8217;une blonde, toutes les deux jeunes et les seins hauts. Il semble qu&#8217;ici tout s&#8217;achète et que tout peut s&#8217;acheter. On se fait plaisir en achetant. On achète pour faire plaisir à l&#8217;autre. On achète l&#8217;autre pour se faire plaisir. On garde une moue boudeuse comme attitude désinvolte et branchée.</p>
<div id="attachment_1126" class="wp-caption alignnone" style="width: 547px"><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/casino-800x600.jpg" rel="lightbox[1125]"><img class="size-full wp-image-1126" style="border: 2px solid black;" title="casino-800x600" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/casino-800x600.jpg" alt="" width="537" height="282" /></a><p class="wp-caption-text">Casino de Paris - Monte Carlo</p></div>
<p><strong>Ces plaisirs chers et hédonistes sont-ils indécents ? Comment est gagné cet argent ? comment y&#8217;en a-t-il autant ? Dois-je m&#8217;offusquer de voir les billets tomber dans une table de poker plutôt qu&#8217;à financer des puits au Mali ?</strong> Je ressens de la fascination et de l&#8217;impuissance mais je n&#8217;arrive pas à ressentir du mépris. Le monde est un puzzle où la plupart des pièces sont sellées par le ciment des intérêts économiques. <strong>L&#8217;argent lie et délie les gens, influence le pouvoir, le trop d&#8217;argent ou le manque d&#8217;argent. Les idéologies sont-elles à ranger au musée ?</strong></p>
<p>Pour connaître le monde, ne faut-il pas en approcher toutes les facettes ? J&#8217;aime que les écrivains-voyageurs soient des témoins de tous les mondes : le manque d&#8217;eau dans les campagnes marocaines, les mariages arrangés en Corée, comprendre que le vendeur de billets de bus de Nazca n&#8217;ira sûrement jamais voir le Machu Pichu quand le client du Casino de Paris y arrive en hélico. <strong>Pour l&#8217;aimer ce monde, ne faut-il pas en apprécier toutes les saveurs même les plus amères, le voir comme un inventaire à la Prévert : <em>« [...] Avec les épouvantables malheurs du monde qui sont légion, avec leurs légionnaires, avec leurs tortionnaires, avec les maîtres de ce monde, [...] avec les saisons, avec les années, avec les jolies filles et les vieux cons [...] »</em> (extrait de Pater Noster)</strong></p>
<div id="attachment_1127" class="wp-caption alignnone" style="width: 547px"><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/soleillevantmc-800x600.jpg" rel="lightbox[1125]"><img class="size-full wp-image-1127" style="border: 2px solid black;" title="soleillevantmc-800x600" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/soleillevantmc-800x600.jpg" alt="" width="537" height="357" /></a><p class="wp-caption-text">Soleil levant depuis le Monte Carlo Bay</p></div>
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		<title>Monte Carlo, escapade luxueuse</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 22:40:39 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Le Sud]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8221; Je trouve Monte Carlo très beau. On y pense à Fantômas comme à Homère en Grèce.&#8221; Jean Cocteau, 1923
Un peu étourdie encore du mélange mojito-champagne, je quitte Marseille endormie pour rejoindre Monte Carlo. La ligne de chemin de fer en direction de Vintimille en Italie est un régal. Elle longe toute la côte pendant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>&#8221; Je trouve Monte Carlo très beau. On y pense à Fantômas comme à Homère en Grèce.&#8221;</strong> Jean Cocteau, 1923</p></blockquote>
<p>Un peu étourdie encore du mélange mojito-champagne, je quitte Marseille endormie pour rejoindre Monte Carlo. <strong>La ligne de chemin de fer en direction de Vintimille en Italie est un régal. </strong>Elle longe toute la côte pendant presque 3 heures, le temps d&#8217;admirer l&#8217;eau turquoise, les roches rouges, les plages, les voiliers.</p>
<p><strong>Pour introduction, on pourrait dire que la principauté de Monaco est le pari fou d&#8217;un homme tombé amoureux d&#8217;un rocher et d&#8217;une baie.</strong> Prenant le château surplombant l&#8217;endroit, il s&#8217;annexa une bande de terre de 2km² pour en faire un royaume. Depuis le XIIIe siècle, la famille Grimaldi règne ici. Mais on retiendra surtout l&#8217;économie si particulière de la principauté alimentée par&#8230;la France (qui reverse une cote part de la TVA collectée selon un calcul avantageux pour Monaco), l&#8217;industrie mais aussi le tourisme (incluant les casinos) et l&#8217;immobilier.</p>
<p><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/pistecouleur-800x600.jpg" rel="lightbox[1107]"><img class="alignnone size-full wp-image-1120" style="border: 2px solid black;" title="pistecouleur-800x600" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/pistecouleur-800x600.jpg" alt="" width="538" height="359" /></a></p>
<p>Du haut de son fort, le Prince doit bien s&#8217;amuser à regarder le monde de paillettes qui s&#8217;agite à Monte Carlo, le port en contrebas. On est bien loin du luxe raffiné et discret des intellectuels dandys parisiens d&#8217;après guerre. Mafia italienne (?), riches familles d&#8217;Emirats arabes (?), entrepreneurs chanceux suisses ou russes (?), ont remplacé les d&#8217;Ormesson et les Cocteau. <strong>C&#8217;est le temple du luxe vulgaire façon bling bling. Il s&#8217;affiche en carte de visite. L&#8217;argent est religion, l&#8217;égoïsme est roi.</strong></p>
<p><strong>Je n&#8217;aurai moi-même qu&#8217;à vous raconter des plaisirs hédonistes, puisque c&#8217;était l&#8217;objet de cette escapade. Se faire plaisir grâce à des chambres 4 étoiles « bradées » en hiver au <a href="http://fr.montecarlobay.com/">Monte Carlo Bay</a>. </strong>Qu&#8217;il fut bon, entre autres, de se promener dans un jardin exotique et s&#8217;endormir au soleil, de se balader en surplombant la mer, de goûter le meilleur bacon du monde le matin en terrasse, de dormir dans un lit large comme trois fois moi, d&#8217;hésiter entre la douche et la baignoire de la salle de bain, de regarder mes séries préférées sur grand écran plasma, de me réveiller avec le soleil sortant de la mer, de nager dans une eau chaude sous les étoiles, de boire un Ruinart face à la mer, de s&#8217;endormir au son des vagues.</p>
<p><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/sdbmontecarlobay-800x6001.jpg" rel="lightbox[1107]"><img class="alignnone size-full wp-image-1122" style="border: 2px solid black;" title="sdbmontecarlobay-800x6001" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/15/sdbmontecarlobay-800x6001.jpg" alt="" width="537" height="358" /></a></p>
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		<title>Un couché de soleil à Allauch</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 13:00:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#8220;La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence&#8221; Jean Giono
Dans quelle mesure la géographie d&#8217;une terre influence-t-elle ses habitants ? C&#8217;est la question que s&#8217;est posée le réalisateur Luc Moullet dans son documentaire &#8220;Une terre de la folie&#8221;. « L&#8217;arrière-petit-neveu du bisaïeul de ma trisaïeule avait tué un jour à coups de pioche le maire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>&#8220;La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence&#8221;</strong> Jean Giono</p></blockquote>
<p><strong>Dans quelle mesure la géographie d&#8217;une terre influence-t-elle ses habitants ?</strong> C&#8217;est la question que s&#8217;est posée le réalisateur Luc Moullet dans son documentaire <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm-145934/photos/detail/?cmediafile=19101633">&#8220;Une terre de la folie&#8221;</a>. <em>« L&#8217;arrière-petit-neveu du bisaïeul de ma trisaïeule avait tué un jour à coups de pioche le maire du village, sa femme et le garde-champêtre, coupable d&#8217;avoir déplacé sa chèvre de deux mètres. » </em>Partant de ce fait divers, son explication consistera à démontrer que les crimes de ce type ne sont pas rares dans une certaine zone des Alpes du Sud et qu&#8217;il existe bien un pentagone de la folie délimité par 5 villes clés. On y tue sans mobile, paroxysme de la folie pour l&#8217;auteur. Avec ses interviewés, Luc Moullet cherche des explications : un climat et des terres rugueuses (le vent rugit violemment sur les plateaux, la sécheresse, une terre extrêmement difficile à apprivoisée) combinés à un fort isolement des habitants, une certaine consanguinité, un manque d&#8217;éducation seraient des clés.</p>
<p><strong>A Marseille, on a aussi ses spécificités : on parle fort, on drague, on raconte des craques.</strong> Et si on essayait d&#8217;oublier ce Mistral qui vous single, ces ruelles toujours en pente, cette terre juste derrière qui manque d&#8217;eau, un taux de chômage indécent, ou l&#8217;Afrique qu&#8217;il a fallu oublier derrière soi ? <strong>Marseille est joyeuse et nostalgique.</strong> Les papis à casquettes qui parlent le provençal regrettent le ferry boat et le temps de Pagnol. Les vieux maghrébins à tarbouches scrutent l&#8217;horizon depuis le fort St Jean en pensant au bled.</p>
<div id="attachment_1113" class="wp-caption alignnone" style="width: 547px"><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/14/p1020497-800x600.jpg" rel="lightbox[1112]"><img class="size-full wp-image-1113" style="border: 2px solid black;" title="p1020497-800x600" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/14/p1020497-800x600.jpg" alt="" width="537" height="333" /></a><p class="wp-caption-text">Au sommet d&#39;Allauch, la chapelle Notre-Dame du Château - photo Christelle Rivas</p></div>
<p><strong>La roche sèche, les pins tordus, le vent, les ciels contrastés, le pays est rugueux. J&#8217;aime ces terres où la nature est définitivement la plus forte, où elle façonne des hommes rudes, fiers, attachés à leur histoire.</strong> J&#8217;ai découvert Allauch, petit village perché à une dizaine de kilomètres au nord de Marseille. La mairie le présente ainsi : &#8220;un massif forestier protégé de 4 000 hectares dont la plus grande partie est recouverte des collines chantées par Pagnol et par Giono&#8221;. En fin d&#8217;année, on s&#8217;y rend en famille voir la Pastorale, une crèche immense faite de milliers de santons de Provence représentant tous les corps de métiers et des personnages fétiches comme le bouffon Pistachier. Au sommet d&#8217;Allauch, une église à flan de coteau défit le Mistral. Elle trône là, offrant une vue incroyable sur Marseille et ses environs.</p>
<p>Mon guide ce jour là est Christelle. Marseillaise exilée à Tours, elle porte du Sud un accent chantant et un sourire constant. Avec elle, chez elle, j&#8217;ai découvert une autre France, les traditions provençales, un autre Marseille. Ses parents tiennent une boulangerie au cœur du quartier des olives. Akhenaton s&#8217;y rend souvent&#8230;paraît-il.</p>
<p>Je suis émerveillée de redécouvrir toujours de nouvelles campagnes. La France ne me lasse jamais, elle abrite des terres et des histoires à profusion. J&#8217;ai hâte, comme l&#8217;année dernière de retourner fouler tranquillement ses chemins.</p>
<div id="attachment_1114" class="wp-caption alignnone" style="width: 547px"><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/14/nuagesorangeallauch-800x600.jpg" rel="lightbox[1112]"><img class="size-full wp-image-1114" style="border: 2px solid black;" title="nuagesorangeallauch-800x600" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/14/nuagesorangeallauch-800x600.jpg" alt="Au loin, Notre Dame de la Garde à Marseille - photo Christelle Rivas" width="537" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Au loin, la basilique Notre Dame de la Garde à Marseille - photo Christelle Rivas</p></div>
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		<title>Un nouvel an et des olives</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 12:56:50 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Le Sud]]></category>

		<category><![CDATA[Jean d'Ormesson]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8221; Nous marchions sur le sable, nous dormions beaucoup [...]. Les journaux de Paris arrivaient une fois par semaine au port où nous n&#8217;allions pas les chercher.&#8221; 
Voyez comme on danse, Jean d&#8217;Ormesson
La Méditerranée était le refuge des intellectuels dandys d&#8217;après guerre. Saint-Paul de Vence, Venise, Rome, les îles grecques&#8230; On y venait pour ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>&#8221; Nous marchions sur le sable, nous dormions beaucoup [...]. Les journaux de Paris arrivaient une fois par semaine au port où nous n&#8217;allions pas les chercher.&#8221; </strong><em><br />
Voyez comme on danse</em>, Jean d&#8217;Ormesson</p></blockquote>
<p>La Méditerranée était le refuge des intellectuels dandys d&#8217;après guerre. Saint-Paul de Vence, Venise, Rome, les îles grecques&#8230; On y venait pour ses paysages et son ensoleillement, y être oisif sans avoir à fournir d&#8217;excuses, donner libre cours à son art, s&#8217;enivrer. Légèreté et élégance. J&#8217;affectionne particulièrement les artistes de cette époque : Giono, Prévert, Cocteau, Matisse, Dali, etc. Les échappées belles hors saison à St Raphaël, Ramatuelle, ont bercé mon adolescence. J&#8217;aime y retourner.</p>
<p><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/12/f1010008-640x480.jpg" rel="lightbox[1101]"><img class="alignnone size-full wp-image-1104" style="border: 2px solid black;" title="f1010008-640x480" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/12/f1010008-640x480.jpg" alt="" width="557" height="373" /></a></p>
<p><strong>Troquer le froid et l&#8217;ordinaire, tracer vers le Sud, s&#8217;échapper une semaine en douce et goûter au luxe : voici quel était le programme de ce début d&#8217;année.</strong> Tours-Marseille réalisé en une heure grâce à Ryanair. Louer une chambre sur le Vieux Port, assister à la pêche du petit matin, prendre un petit déj sur le très bobo cours St Julien, visiter l&#8217;église St Victor, prendre un Vélib, ignorer la conduite marseillaise et longer la corniche jusqu&#8217;à la Pointe Rouge. Au retour, arrêt en terrasse sur la plage près du parc Borely. Le soleil est au rendez-vous. Enfin, je n&#8217;ai plus froid.</p>
<p><strong>Ce soir, c&#8217;est champagne sur 5ème avenue.</strong> Julien cuisine des coquilles St Jacques en sirotant un mojito pendant que d&#8217;autres découpent déjà du foie gras. Le monde entier s&#8217;est donné rendez-vous dans le petit appartement. Un brésilen (peut-être&#8230;), une Colombienne, une danseuse argentine et son mari en exhil, une Madrilène, une Belge (peut-être), des gars de l&#8217;est, etc. L&#8217;espagnol se mixe au français sous les étoiles et les bulles.</p>
<p><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/14/img_4470-800x600.jpg" rel="lightbox[1101]"><img class="alignnone size-full wp-image-1108" style="border: 2px solid black;" title="img_4470-800x600" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2010/02/14/img_4470-800x600.jpg" alt="" width="537" height="357" /></a></p>
<p>Au retour, les couples fatigués arpentent les ruelles pour retourner au foyer. Les jeunes femmes s&#8217;appuient au bras de leur amoureux et pestent contre leurs talons trop hauts, les cagoles sur pilotis commencent  juste à s&#8217;amuser, quelques zonards marchent en crabe. En ce premier de l&#8217;an, le mistral se lève. Il soulève les cartons, poussent les débris, agite l&#8217;eau du port. Il est 5h du matin et les restaurants se préparent à ouvrir pour cueillir les couche-tard. Une 205 s&#8217;arrête en trombe, un jeune homme énervé en jogging blanc descent : il a des comptes à régler avec un autre porteur de baskets. <strong>Pas de doute, on est à Marseille : excessive, dangeureuse, festive. L&#8217;année 2010 s&#8217;annonce bien.</strong></p>
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		<title>Bleu des mers du Sud</title>
		<link>http://blog.reverdebout.com/2009/12/21/bleu-des-mers-du-sud/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2009 21:23:03 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[- As-tu fait une lettre au Père Noël ?
- C’est quoi une lettre ? »
Tristan, mon filleul de 4 ans, 29 nov. 2009

Le courrier, paraît-il, est ringard.
La correspondance épistolaire est tout ce qui nous reste de la mystique du voyage et des premiers écrivains voyageurs. Chaque enveloppe parcourt des milliers de kilomètres, traverse des océans, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>- As-tu fait une lettre au Père Noël ?<br />
- C’est quoi une lettre ? »<br />
</strong>Tristan, mon filleul de 4 ans, 29 nov. 2009<strong><br />
</strong></p></blockquote>
<p>Le courrier, paraît-il, est ringard.<br />
La correspondance épistolaire est tout ce qui nous reste de la mystique du voyage et des premiers écrivains voyageurs. Chaque enveloppe parcourt des milliers de kilomètres, traverse des océans, rencontre une foule d’employés.  <strong>Envoyer des nouvelles, attendre et recevoir des nouvelles. </strong>Écrire pour raconter. Lire pour connaître et comprendre. Écrire et lire pour se rapprocher.</p>
<p>Le mail est froid et sans saveur. J’aime le touché du papier, la couleur des encres, les traces d’un stylo trop appuyé, les pannes de Bic, les mots au crayon de bois gommés et réécrits, etc. Si le chate donne la magie de la communication immédiate d’un bout à l’autre du monde, il tue l’imaginaire. Il ne laisse aucune place à l’interprétation, il est scientifique et précis. Il est instantané. Cliquer sur la croix du carré rouge efface tout de suite deux heures d’échanges intensifs.  <strong>Une lettre est une œuvre consciemment construite. Elle se savoure, se relit à répétition.</strong> La découvrir est long, on s’installe.</p>
<p><a href="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2009/12/22/dscf8169-640x480.jpg" rel="lightbox[1079]"><img class="alignnone size-full wp-image-1096" style="border: 2px solid black;" title="dscf8169-640x480" src="http://blog.reverdebout.com/wp-content/uploads/2009/12/22/dscf8169-640x480.jpg" alt="" width="561" height="327" /></a></p>
<p>S’il fait beau, j’ouvrirai les portes de la véranda et je fumerai des Fine120 de Virginie au soleil, les yeux tournés vers l’ouest. S’il fait froid, je fermerai la porte du bureau, je me recroquevillerai sur la banquette au milieu des coussins comme les courtisanes dans leur boudoir. <strong>Il y a dans la correspondance un romantisme désuet et une indécence délicate. </strong>C’est un clin d’œil aux rouges à lèvres carmins, aux mises en pli, au temps où les femmes respectables écrivaient aux hommes respectables : <em>« Henry, qui d’autre que vous lit votre courrier ? B. »</em></p>
<p>La correspondance porte des valeurs perdues que je chéris : la patience, la tempérance, la parcimonie, la confiance en l’autre. <strong>Dans <em>« je t’écris cette lettre »</em>, il y a <em>« je te confie ces mots, j’ai confiance dans ta capacité à les apprécier, à les garder »</em>.</strong></p>
<p>Les premiers grands reporters envoyaient ainsi leurs missives relatant les nouvelles du front, des rapports sur des situations sociales et politiques. On les publiait dans les journaux. <em>&#8220;Porter la plume dans la plaie&#8221;</em> disait Albert Londres. <strong>La correspondance est un genre qui sied aussi à l&#8217;errance</strong> : les lettres d&#8217;Arthur Rimbaud parlent avec romantisme d&#8217;exil ; <em>Les lettres d&#8217;un voyageur</em> de Georges Sand sont une sorte d&#8217;essai sur le paysage ; William Burroughs raconte sa solitude et son goût des expériences extrêmes dans <em>Lettres de Tanger à Allen Ginsberg</em>.</p>
<p><strong>Il n&#8217;est de plus beau voyage que celui qui se raconte. Il n&#8217;est de plus beau voyage que celui qui s&#8217;imagine.</strong></p>
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