Fiction n°3 #Piet Melle et le serpent de fer
Lundi, mai 30th, 2011
Piet Melle se leva ce matin là avec la gueule de bois. Impossible de se souvenir de ce qu’il avait fait la veille, le blackout total.
Il se souvenait à peine d’un dernier verre au bar de l’hôtel Okura tard dans la nuit. Le réveil venait de sonner deux fois, il était déjà en retard au travail.
Piet Melle est directeur financier dans l’industrie agro-alimentaire, le poulet plus précisément. Quand il arriva au bureau, il fit comme d’habitude, alluma son ordinateur portable et se prépara un café au lait. Il ouvrit Excel. C’est à ce moment précis que le cauchemar commença.
Les tableaux étaient comme brouillés, colorés plutôt, plus aucun chiffre n’était lisible. C’est en prenant le combiné du téléphone pour appeler le service informatique qu’il s’aperçut que le problème ne venait pas de son ordinateur. Le clavier du téléphone était lui aussi illisible. Il ne voyait que des tâches, impossible de composer un quelconque numéro. Il jeta un oeil rapide autour de lui. Ni son assistante ni les collègues dans l’open space ne semblaient dérangés. Tout était en ordre à part ces chiffres. « La pendule ? » se demanda-t-il. Des cubes de couleur. Le calendrier : idem.
Il se frotta les yeux et tenta en vain de se rappeler ce qu’il avait fait la nuit dernière pour être dans cet état. Il lui revint le vague souvenir d’une femme avec qui il avait discuté. Il se rappelait qu’elle parlait surtout de plantes et d’animaux. Il ne se souvenait pas qui elle était ni où elle habitait mais il se revoyait chez elle au milieu de rongeurs, d’oiseaux et de jardinières. Elle lui avait montré ses tableaux, blancs et noirs, indigènes, avec des motifs hypnotisants. Comment s’était-il retrouvé ensuite à l’hôtel Okura ? Le bar ne collait pas avec la fille. Il avait du se passer autre chose entre les peintures et l’hôtel.
« Ça va Piet ? » demanda d’un air inquiet son assistante.
Il n’avait plus touché l’ordinateur depuis une bonne demi-heure et elle avait du le remarquer. L’écran se mit en veille. Et le cauchemar continua. Les courbes windows se transformaient tout à coup en un énorme squelette de serpent, une ossature de métal, agressive, avec la gueule ouverte. Piet fut pris de bouffées de chaleur. Il prétexta un déjeuner et sortit rapidement. La zone industrielle du port était à deux pas du Westerpark. Il décida d’y faire un tour, aller manger une pannekoeke (large panecake) à la ferme, reprendre ses esprits.
C’est alors qu’il retomba nez à nez avec la femme aux peintures indigènes. Elle portait une broche de métal en forme de serpent…
à suivre




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