Un samedi soir à Larnaca
Vendredi, juin 11th, 2010Klaxons. Les mariés orthodoxes font un tour de ville en fanfare avec leurs amis. Ils passent devant la mosquée. A l’intérieur, des chants musulmans, une cérémonie.
A quelques pas de là, le fort de Larnaca, construit par des Turcs en 1625, se tient au début du remblai. Le bruit des clapotis de l’eau atténuent à peine les conversations. A prêter l’oreille, on entend du russe, de l’arabe, de l’hébreu, de l’anglais et d’autres langues encore. Des familles, des jeunes, profitent de la chaleur du soir avec des canettes bon marché. Sur le remblai, trois femmes voilés regardent la mer dans le noir. Elles se racontent des histoires de femmes, rigolent, restent assises là en silence.
Le vieux marchand de beignets ne fait pas recette. Les écriteaux sur son camion sont en caractères cyrilliques. Combien de Chypriotes grecs se promènent ici ? A côté de lui, les stands de barbe à papa avec des lumières fluorescentes et de la musique techno ont du succès. Entre les cafés et la mer, des marchands de babioles vendent des souvenirs à rapporter.
Sur le ponton, au bout du remblai, quelques hommes sont au téléphone, le regard perdu à l’horizon. Une petite amie au bout du fil ? Une famille restée là-bas, au-delà de cette mer ? Les passeurs apportent tous les jours des bateaux de jeunes immigrants sur les terres chypriotes en leur promettant l’Italie. Sur l’île, ils brulent leur papier et attendent une nouvelle histoire.
Nous sommes à Larnaca. Ce pourrait être n’importe où ailleurs, un samedi soir. Des cafés branchés, des lumières, des Mac Donalds, un match de football retransmis sur grand écran, des garçons qui se disputent, de belles femmes qui paradent, des touristes qui profitent des derniers instants de dépaysement. Et la mer, comme une promesse d’un retour ou de nouveaux départs.







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