Les randonneurs, sociologie du groupe
Ecrit par wejna le juin 10th, 2010Jour 1 : Le guide, Kyriakos se présente au groupe. Il adopte un ton théâtrale et professoral, il a 12 personnes à tenir. Il emploie souvent le “venez par là”, “écoutez-moi”. Il nomme un sous-chef pour le suppléer en cas d’absence. Le sous-chef avoue s’intéresser surtout à l’informatique et à la Bourgogne.
Jour 2 : Un déviant se manifeste et conteste la légitimité hiérarchique du guide. Le groupe, amusé, suit le déviant appuyé par quelques autres rebelles. Le groupe se soude et le guide boude.
Jour 3 : Bonne ambiance dans le groupe, intérêt des uns pour les autres. Mais les individualités s’affirment aussi : l’une doit impérativement prendre une douche avant de manger, l’autre ne peut grimper les cols, l’autre n’aime pas partir tôt le matin, etc. Le groupe est un ensemble tolérant des individualités.
Jour 4 : Le guide a une ampoule et tente de lâcher le groupe à mi-chemin en appelant le chauffeur du bus pour qu’il passe le récupérer. Le sous-chef prend le relais et s’avère finalement très efficace dans l’adversité, une occasion de se montrer en héros n’arrive pas si souvent. Le guide n’a finalement pas réussi à joindre le chauffeur car son portable ne passe pas en montagne. Il finira la randonnée en queue de groupe en grimaçant.
Jour 5 : Le sous-chef est démis de ses fonctions par le principe de “démocratie avancée”, pour cause d’un mauvais choix de vin au dîner et d’oubli de sa clé le matin qui a fait perdre 10 min au groupe. Un membre s’illustre en redemandant au dîner du rab de dessert. Il est proclamé sous-chef par intérim spécialement pour la table et les comptes.
Jour 6 : Fascination du groupe pour le guide, rendu plus humain après l’histoire de l’ampoule. On l’interroge sur sa femme, son fils, sa maison, etc.
Le groupe est mécontent de l’hôtel. La femme du sous-chef par intérim négocie les consommations gratuites. Face à l’admiration du groupe pour son sens commercial, elle explique comment il est facile de récupérer 50 ou 100€ en faisant une lettre de réclamation auprès de l’agence après son retour.
Jour 7 : La note des boissons est salée et le groupe porte des soupçons sur le guide Kyriakos et son chauffeur.
Jour 8 : Kyriakos règle la note du resto et sa cote remonte.
Jour 9 : Le jour des départs. Une touriste est triste, elle se jette au coup du guide la larme à l’oeil. On échange des e-mails. Demain sera un autre jour.



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