La chambre d’hôtel

Ecrit par wejna le septembre 17th, 2009

London, 2007

« La 7 s’il-vous-plaît »
« Tenez. A quelle heure le petit déjeuner ? »
« 8h. Room service »
« Bien madame »

Entendre le clic de la serrure qui cède, pousser une porte lourde, sentir l’odeur fraîche des nettoyants, quitter ses chaussures et sentir la moquette épaisse sous ses pieds, se laisser tomber sur un lit king size.

Les chambres d’hôtel sont des îles où s’échoir. Fatigué, trempé, courbaturé de longues marches et d’un sac trop lourd, on y dépose ses affaires et son masque. Assez de sourires pour la journée, assez de courrir dans les métros.

La chambre est silencieuse mais l’hôtel grouille de vie. Des sons feutrés :  des rires dans les couloirs, le « cling » de l’ascenseur, des pas pressés dans l’escalier.
Se préparer un thé Lipton et coller son nez sur le double vitrage. Dehors, la journée se termine, les lumières s’allument l’une après l’autre. Il faudra ressortir quand le ventre aura faim. Plus tard. Pour l’heure, on savoure un bain chaud, on s’enveloppe dans un peignoir épais, on fait le tour du lit dans des chaussons en carton toujours trop grands ou trop petits.

Une île. On revient toujours de quelque part et on attend toujours d’aller quelque part. C’est un cocon éphémère avec une ribambelle d’artifices pour vous faire oublier que vous n’allez pas dormir chez vous.
J’aime passer la nuit dans les belles chambres d’hôtel. Dans le luxe, la solitude devient une élégance, une attitude gracieuse qui sied à ce non-lieu. Dormir ailleurs, c’est faire comme si on avait oublié son adresse, jouer à être un autre ou n’être personne.

La télé ronronne en sourdine. Dans le hall, le réceptionniste a fait place au gardien de nuit. Il veillera une cinquantaine de dormeurs égarés. Demain au petit matin, ça sentira le parfum dans les couloirs et le café dans l’ascenseur. Le veilleur aura changé de chemise. Check out.

Bordeaux - Hôtel l’Avant-Scene. Prague - Hôtel Joseph. Monte-Carlo - Hôtel Metropole. Marrakech - Hôtel Les Jardins de la Medina. Paris 12e - Hôtel la Belle Epoque. A suivre…

à Florian

Lisboa, 2004

A lire : Roomservice, chroniques impatientes d’un voyageur quatre étoiles de Pierre Léonforté. Satisfactions et contrariétés d’une nuit à l’hôtel et service associés.

1 Commentaires ↓

  1. sept
    17
    9:30
    Florian

    La solitude est d’autant plus une élégance, une attitude gracieuse quand la chambre est une suite à 800 € la nuit avec, en accueil VIP, une bonne bouteille de vin et un plateau de fromage… pour oublier qu’on a rien d’un VIP.

    A aurélie

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