Course en mer Les Sables-Horta
Ecrit par wejna le juillet 24th, 2009A l’éternel retour ! À l’éternel retour ! - Une vie à coucher dehors – Le Phare, Sylvain Tesson
Ce n’est pas le Vendée Globe. Peu de badauds attendent ce jour les voiliers à rentrer au port des Sables d’Olonne. Pourtant, depuis avant hier, 25 bateaux de course, habités d’un skipper et de son co-équipier se sont affrontés sur la course Les Sables – Horta. Un aller-retour de 2540 milles (environ 4500 km) jusqu’aux Açores avec une escale sur l’île Faïal.

Jeudi matin. Une grosse averse s’abat sur les pontons. Les marins en ont vu d’autres, ils sont heureux d’être arrivés et jouent du jet pour nettoyer les extérieurs. Ils sont en T-shirt, la peau brunie du soleil et du sel, des lunettes ultra-enveloppantes, des mains nerveuses et calleuses à force de tendre des bouts. Ils ont débarqué leurs poubelles : des pots de yaourts vides, du pain de mie qui a pris l’eau, des bouteilles de pétillant. Une bassine et un rudimentaire nécessaire de cuisine (cocotte minute, planchette, couteau, cuillère de bois) ont été sortis. Avec une tête de mal rasé qui a fait la fête le soir comme un marin qui rentre au port, ils s’apostrophent d’un ponton à l’autre : « j’ai pris le petit nord, quel pif, ça m’a fait gagné 3 nœuds au moins ».
On fait quelques réparations, on passe l’aspirateur dans le carré, on éteint les appareils électroniques. Un bureau high tech occupe la plus grosse partie de l’intérieur du bateau. Analyser les prévisions météo, garder une liaison avec le pc-course, chaque information est précieuse pour son choix d’itinéraire.
Les profils des skippers annoncent leur date de naissance et leurs palmarès : 1970, 1966, 1971, 1974 ; Route du Rhum, Transgascogne, Solo Duo Atlantique, Tour de France à la voile.
Loup de mer. Une vie entre terre et eau, à dompter le vent dans ses voiles, à faire corps avec les courants, à affronter les déchainements climatiques. Des hommes (une femme !) qui ne s’endorment bien qu’aux cliquetis des drisses sur le mât. Partir en mer pour savourer une relation intime avec les étoiles. Des hommes de passages. Prendre la mer comme on rejoint une autre maison. Espérer la vue d’une île.
J’observe cette ambiance d’accostage avec des yeux brillants. « Moi, si j’étais un homme, je serais capitaine, d’un bateau vert et blanc » (Diane Tell).
Les Sables-Horta
plus d’infos ici
Départ de la Transgascogne le 2 août depuis Port Bourgenay (85) :
http://www.transgascogne.com/

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