Chemin de St Jacques, 1er jour : l’aventure

Ecrit par wejna le mai 7th, 2009

près de Sepmes

1er jour de marche. J’ai prévu 25 kms. C’est une étape longue : « tu voulais te confronter à la difficulté, la voilà ». Une équipe de copains m’accompagnait ce matin. L’après-midi, je n’ai plus que mon sac et ma carte pour meilleurs amis. Les chemins sont délicieux, les jambes marchent vite. Je cours contre le temps. Il faut arriver au village, oasis du marcheur.
Mais je m’égare et ne m’en aperçois que 3kms plus loin. Je me suis déportée vers l’ouest, confondant un balisage local avec celui du GR. L’erreur me vaut une heure de marche supplémentaire, j’arrive à Sorigny à 17h. Mon guide indique « tous commerces et hôtels ». C’est un trou perdu où les deux seuls hébergements sont fermés (les vacances scolaires !) et l’église close.

Un grand-père, sa femme, sa fille, son petit-fils et son chien prennent pitié de moi. En 4×4, ils m’emmènent 15 kms plus loin à St Catherine de Fierbois, l’étape que je devais atteindre le lendemain. Une pancarte indique fièrement « étape officielle du chemin de St Jacques ». Mais l’auberge est fermée le dimanche. A l’entrée du village, une chambre d’hôte accueille les visiteurs. Jardin élégant, vieille bâtisse, ça va douiller. Qu’importe, l’Arum Antique sera mon île d’accostage pour ce soir. Dans ma suite-mezzanine, je m’affale dans le canapé. Tout me fait mal : les hanches qui ont supporté le poids du sac, les bras où la sangle a frotté, les articulations, les muscles.

Mais me voilà rassurée de savoir où dormir, je somnole avec Michel Drucker. En bas, Bruno et Dominique s’affairent en cuisine et au jardin. La machine à laver tourne en sourdine. Le pain d’épices au four embaume toutes les pièces d’effluves sucrées. Je n’ai pas envie de descendre. Tiens, je suis associable. Je suis bien là, dans mon petit confort, dans cette belle fin de dimanche avec un je ne sais quoi de bonheur simple. Quelle aventurière…

3 Commentaires ↓

  1. mai
    7
    12:57
    Rhadamanthe

    Ah quel début de périple ! Comme quoi tout a changé!! Tout est fermé le dimanche et en plus pendant des vacances, tu ne t’attendais pas a trouver une auberge ouverte quand même (pour dire un jour je me suis même fais refuser aux urgences d’un hôpital sous prétexte que c’était dimanche) !!! ^^
    Il y a longtemps tu aurais trouvé de quoi te sustenter, t’abreuver toi ou ta monture pour quelques pièces… maintenant direction la station service pour remettre de l’essence et manger un sandwiche triangle et fait chauffer la carte bleue !!
    Un jour je me lancerai (peut être pas tout seul quand même! j’suis pas aussi aventurier que toi ^^)
    Un joli retour au sources. Vivement la suite !

  2. mai
    8
    10:38
    wejna

    La mort des campagnes françaises, j’en parlerai juste après, effectivement c’est une réalité !

  3. mai
    11
    7:42
    Morgane

    Salut Aurélie, j’adore ta plume, encore encore….j’en veux d’autres des récits!! Quand à l’errance…que dire? qu’elle est rance des fois, super jeu de mots…qu’elle révèle l’illusion de la liberté du voyage, qu’elle fait pas de bien là où ça fait mal..Mais qu’elle mérite qu’on s’y frotte.
    Je t’embrasse.
    Encore encore!!!

* = champs requis

Poster un commentaire