Texel, l’île de Pâques
Ecrit par wejna le août 1st , 2011Allô Martine ? Ça te dirait d’aller sur une île de la mer des Wadden pour Pâques ?
Ainsi s’est bouclée l’affaire. Martine et moi sommes parties d’Amsterdam pour Texel, une petite île de la Frise. En effet, au nord de la Hollande mais aussi de l’Allemagne et du Danemark, s’étend une bande de petites îles classées au patrimoine de l’UNESCO depuis 2009 pour leur biodiversité. Des îles, le Nord du Nord, quel exotisme…
Nous avons roulé une heure environ et pris le bac à Den Helder. La traversé s’est faite alors que le soleil tombait à l’eau. Des familles, encore des familles et nous ne le savions pas encore, des coureurs de marathon, vont occuper l’île avec nous ce week-end. Nous posons nos sacs à l’auberge de jeunesse Stayokay, au village principal qui porte le nom explicite de Den Burg. Il est déjà tard, 21h. Quelques lumières et la chaleur des bougies nous invitent à nous rassasier autour d’un verre de vin au pub De twaalf balken. Plus tard dans la soirée, des jeunes reprennent un verre, poussent les chaises, commencent à danser. Le cuisinier a jeté son tablier et se joint à un concours de bière. Pas de doute, l’île est accueillante.
Dès le lendemain matin, nous enfourchons deux vélos pour parcourir les 24 kilomètres de long de Texel. La carte nous promet bien des variétés de paysages (des dunes, de la bruyère et du petit bois) et beaucoup de moutons. A la pointe nord-est, une plage de sable blanc et un phare rouge vif nous attendent. L’eau glacée nous rappelle que nous sommes bien au Nord. Les cris de quelques mouettes et des rires d’enfants sur la plage se perdent dans l’air, nous distraient du silence.
A Oost, un point route s’impose. Des cyclistes sportifs passent à vive allure devant nous sur la piste en bord de mer, tentés par la vitesse en ligne droite. Une nuée d’oiseaux migrateurs passe au dessus de nos têtes, un cortège magnifique. La mer, elle, reste impassible. Le soleil tape anormalement fort pour un mois d’avril.
A quelques tours de roues, la piste cyclable s’écarte de la côte et passe à travers des marais. Un son d’accordéon nous fait poser pied à terre. C’est un chant gospel. Une femme, entourée d’un petit groupe d’amis ou de famille recueillis tient serrée contre elle une urne. Elle s’éloigne et disperse des cendres sur les étendues sauvages d’eau et de vert. Les oiseaux piaillent dans les hauteurs, criant la mort comme s’ils la sentaient.
Le soir tombe, l’humidité remonte du sol et la terre revêt un voile cotonneux. Les bleus tournent en bleu-gris, les verts en verts de gris, les moutons passent de beige sale à blanc crayeux, l’horizon devient « fluffy ».
L’air marin et le soleil ont marqué leur empreinte sur nos épidermes. Nous nous endormons la peau brulante en rêvant à demain : le port de Oudeschild et ses crevettes, acheter de l’Edam chez la dame aux sabots, manger une pannekoeke à De Cocksdorp, respirer encore les fleurs et s’émerveiller devant ces étendues de couleurs, parler aux moutons…
Bonus Radio : j’ai parlé de Texel dans la rubrique Voyage d’Ingrid Pohu sur France Info ce 1er août : à écouter ici



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